Sécurisation internationale et domestique

Télécommunications 30/10/2018

Le conseil d’administration de l’OPT-NC, réuni le lundi 29 octobre 2018 à la direction générale, sous la présidence de Monsieur Gaël YANNO, a étudié plusieurs délibérations, dont la sécurisation de la Nouvelle-Calédonie par câbles sous-marins international et domestiques. Point sur la procédure de dialogue compétitif.

L’OPT-NC s’est engagé dans le plan « Fibre optique pour tous » à délivrer, garantir et sécuriser laccessibilité du très haut débit pour tous à travers les programmes suivants :

  • le programme très haut débit mobile qui prévoie la densification de la couverture mobile et le déploiement de la 4G sur l’ensemble du territoire ;
  • le programme très haut débit fixe qui consiste à migrer progressivement l’ensemble des clients du réseau fixe du cuivre vers la fibre optique ;
  • le programme de densification et de sécurisation du réseau de transport par boucles optiques (dorsales maritimes et terrestres) vise à améliorer la qualité de service en termes de disponibilité et de niveau de performance de nos services fixe et mobile sur l’ensemble du territoire, dont les îles ;
  • le programme de sécurisation de la Nouvelle-Calédonie par un second câble international permettant de multiplier nos connexions optiques vers l’extérieur et donc de les sécuriser.

Se substituant aux liaisons satellitaires, le câble GONDWANA-1 a permis, dès 2008, le passage vers le haut débit en favorisant l’essor du numérique en Nouvelle-Calédonie avec notamment la montée en débit des connexions ADSL ou encore le lancement de la 3G dès 2011, l’arrivée de la 4G en 2015 et la commercialisation des premiers accès très haut débit fixe (fibre) début 2016.

Le projet a couvert également la réalisation du câble domestique PICOT-1 qui permet de raccorder Ouvéa et Lifou à la Grande Terre depuis Poindimié.

La croissance actuelle et future des usages réalisés au travers du câble sous-marin est telle que tout incident critique sur GONDWANA-1 aurait des répercussions majeures en Nouvelle-Calédonie avec de lourdes perturbations.

En moins de 10 ans, le trafic a été multiplié par 100 (de 0,25 Gb à aujourd’hui plus de 30 Gb/s).

Après analyses, l’unique solution pérenne retenue pour secourir GONDWANA-1 est la mise en place d’un second câble sous-marin international. Dès lors, plusieurs scénarii concernant le choix de la destination de raccordement ont été pré-identifiés et présentés au conseil d’administration de l’OPT-NC.

 

Procédure de dialogue compétitif

Après plusieurs étapes de présélection du tracé, lesquelles ont été validées entre 2015 et 2016,  le conseil d’administration a retenu sur proposition de la direction générale de l’OPT-NC :

  • deux possibilités en choix final, soit se connecter à Fidji par un câble dédié de l’OPT-NC, soit se raccorder sur un des projets de trans-pacifique Sud;
  • de mettre ces choix en concurrence au travers d’un dialogue compétitif.

Le projet et son dialogue compétitif intègrent également la réalisation d’un câble domestique entre Nouméa et Lifou permettant de desservir le Mont Dore, Yaté, l’ïle des Pins et Maré. Ce système permettra, d’une part, de réduire la fracture numérique et, d’autre part, d’améliorer la résilience du réseau domestique terrestre calédonien.

Le conseil d’administration a confirmé ces choix en séance du 27 décembre 2016 et autorisé le lancement d’un dialogue compétitif, engagé dès décembre 2016. Plusieurs phases de dialogue ont été menées depuis.

Deux candidats ont participé au dialogue compétitif :

  • ALCATEL-LUCENT SUBMARINE NETWORKS (ASN) proposant un câble vers Fidji
  • HAWAIKI SUBMARINE CABLE (HSC) proposant le raccordement au câble transpacifique HAWAIKI

Offres et perspectives

Au regard des dernières analyses opérées en commission d’appel d’offres (CAO) du 1er octobre 2018 et des propositions des candidats, les deux offres sont de très haut niveau et extrêmement comparables, tant sur l’investissement que sur le fonctionnement et les délais de mise en œuvre.

Conformément au cahier des charges final, les candidats ont proposé une capacité de transport de 200 Gb/s répartie entre les États-Unis (100 Gb/s) et l’Australie (100 Gb/s) pour une durée de 15 ans, répondant à l’évolution des besoins sur le long terme.

Ces capacités ne seraient activées qu’à la mise en service du câble, soit entre 15 à 18 mois après la notification du marché. Leur coût représente environ 30 % du coût global de l’investissement et constitue un élément substantiel de ce dernier.

Depuis le lancement de la procédure de dialogue compétitif en décembre 2016, les conditions de concurrence en matière de location de capacités de câbles sous-marins dans le Pacifique Sud ont été profondément modifiées et vont encore connaître des évolutions importantes au cours des prochaines années, comme le prévoient unanimement les experts dans le domaine.

Il apparaît en effet que de nombreux projets de pose de câbles sous-marins ont vu le jour ou se sont réalisés dans le Pacifique entre 2016 et 2018, comme notamment :

  • la mise en service du câble Tui-Samoa (Samoa / Wallis / Futuna / Fidji) en mars 2018 ;
  • la mise en service du câble HAWAIKI avec des unités de branchement au large de la Nouvelle-Calédonie, Fidji et un raccordement des American Samoa en juillet 2018 ;
  • le déploiement du câble Japan - Guam - Australia (JGA-S et JGA-N) qui reliera l'Australie au Japon via Guam et dont la mise en service est attendue pour fin 2019 ;
  • le déploiement du câble Manatua devant relier Samoa, les iles Cook et la Polynésie Française dont la mise en service est attendue pour fin 2019 ;
  • le déploiement du câble Coral Sea Cable System (CSCS) reliant l’Australie, la Papouasie et les îles Salomon est prévu pour fin 2019 ;
  • l’annonce d’un câble Interchange Cable Network 2 (ICN2) reliant les îles Salomon et le Vanuatu ;
  • l’annonce d’un câble Southern Cross Next (SX Next) dont la livraison est prévue en 2020.

Ces projets sont de nature à stimuler la concurrence dans les services de capacités internationales avec un effet avéré notamment sur les prix desdites capacités au départ de Fidji.

L’augmentation très importante des capacités de transport internationales dans le Pacifique Sud devrait engendrer, à court et moyen termes, une baisse significative du coût des capacités sur ce segment et sur la connectivité vers l'Australie, les États-Unis et le Japon.

La tendance à la baisse du coût des capacités a été confirmée par le cabinet spécialiste Telegeography qui a présenté, lors des conférences du Pacific Telecom Council (PTC) à Hawaii en janvier 2018, une série d’analyse de diminution des coûts portant notamment sur les câbles transpacifiques. Ce phénomène est similaire à celui observé sur les câbles transatlantiques.

Les tarifs de ces capacités connaissent déjà un bouleversement et il serait antiéconomique pour l’OPT-NC de s’engager aujourd'hui dans des contrats de location de capacité sur une durée de 15 ans, compte tenu des baisses importantes de prix à venir.

Au vu des éléments exposés ci-dessus, le conseil d’administration déclare « sans suite » la procédure de dialogue compétitif, pour des motifs d’intérêt général.

L’appel d’offres portant sur la sécurisation de la Nouvelle-Calédonie par câbles sous-marins international et domestique sera lancé en 2019, en intégrant les recommandations issues de l’étude sectorielle des télécommunications menée par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.


Dossier de presse

Retrouvez toutes les informations dans le dossier de presse du 30/10/2018 sur le Conseil d'administration - Sécurisation internationale et domestique.

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